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Introduction à la métrique de la poésie classique et populaire kurdes


Auteur :
Éditeur : Université de la Sorbonne Date & Lieu : 1990-10-01, Paris
Préface : Pages : 222
Traduction : ISBN :
Langue : FrançaisFormat : 210x295mm
Code FIKP : Liv. Fre. Jem. Int. N° 3143Thème : Thèses

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Introduction à la métrique de la poésie classique et populaire kurdes

Introduction à la métrique de la poésie classique et populaire kurdes

Mamed Jemo

Université de la Sorbonne

Etudier la métrique nous a semblé nécessaire pour deux raisons essentielles. La première, c'est que la connaissance de la métrique est indispensable à ceux qui traitent des œuvres classiques ou folkloriques kurdes, car ces dernières sont rédigées selon une métrique rythmique. Faute de connaître la métrique arabe et kurde, on commettra des erreurs graves dans l'édition, ce qui est le cas pour une partie des éditions d'œuvres classiques et folkloriques kurdes. La quasi-majorité des œuvres des poètes classiques kurdes (Kurmanc) doit être révisée à la lumière de la métrique que le poète a employée. Seule ...




AVANT-PROPOS

L’année dernière, vu son importance dans le domaine des recherches sur les cultures iraniennes, ce travail aurait pu être l'objet d'une publication par l'Institut d'Etudes iraniennes d'Université de la Sorbonne Nouvelle. C'est notre directeur de rechercher, Monsieur le Professeur Charles-Henri de Fouchecour, qui a pris l'initiative de cette idée. Pour achever le travail de façon qu'il convient à la publication, il nous a conseillé de solliciter l'aide de Monsieur le Professeur Christophe Balat, qui n'a pas refusé de le faire.

Entre-temps, étant spécialiste d'études kurdes, nous avions donné également un exemplaire de ce travail au mois d'août 1990 à Joyce Biau qui l'a gardé jusqu'à maintenant tout en ne fournissant qu'un seul argument : le travail n'a pas de plan.

Résumons, au lieu de sauvegarder la culture kurde menacée sur place, le premier responsable d'études kurdes a pris implicitement une initiative à l'opposé de celle de notre directeur de rechercher ce qui a avorté une éventuelle publication de ce travail.
Nous tenons à remercier Monsieur Charles-Henri de Fouchecour de tenir compte des difficultés rencontrées par la culture kurde, et de l'aide précieuse apportée aux étudiants kurdes en ces moments difficiles. Nos remerciements vont également à Monsieur Gilbert Lazard qui a accepté de lire le travail et de nous apporter des remarques utiles.

Mai 1991

II- Introduction

Etudier la métrique nous a semblé nécessaire pour deux raisons essentielles. La première, c'est que la connaissance de la métrique est indispensable à ceux qui traitent des œuvres classiques ou folkloriques kurdes, car ces dernières sont rédigées selon une métrique rythmique. Faute de connaître la métrique arabe et kurde, on commettra des erreurs graves dans l'édition, ce qui est le cas pour une partie des éditions d'œuvres classiques et folkloriques kurdes.
La quasi-majorité des œuvres des poètes classiques kurdes (Kurmanc) doit être révisée à la lumière de la métrique que le poète a employée. Seule la métrique peut nous aider à rédiger correctement les œuvres poétiques. Bref, les erruers qui ont été introduites dans certaines œuvres poétiques classiques et folkloriques kurdes seront signalées dans notre recherche.

La deuxième raison, c'est que la métrique de la poésie populaire kurde reste inconnue jusqu'à maintenant et que les poètes kurdes contemporains continuent à composer une poésie manquant pratiquement de rythme. Depuis la première génération des poètes kurdes du XXèrne siècle qui n'avaient pas été fortement influencés parles conséquences négatives de la politique d'oppression culturelle que subissaient et subissent les Kurdes, la forme n'est pas assez élaborée. La plupart des poètes vivants - à part les Kurdes méridionaux - étaient et sont des jeunes engagés dans la politique, ayant appris à écrire eux-mêmes sans aucune formation littéraire. Ignorant la métrique, certains n'ont compris la poésie qu'au niveau de syllabisme, d'autres ont joué sur le contexte grammatical du verbe, ou de l'objet ou du pronom. Un autre groupe s'est contenté d'un mot ou deux mots pour un vers.
Bref, si nous pouvons arriver à faire connaître aux poètes kurdes le système accentuel de la poésie populaire kurde et qu'ils adoptent celui-ci dans leur poésie, nous aurons tout un mouvement poétique qui va restaurer la métrique originale kurde. Il est à noter que cette partie de notre recherche peut avoir des défauts pour la raison suivante : une telle recherche devrait être plutôt menée sur place et en contact direct avec les troubadours ce qui n'est pas permis par les régimes partageant le Kurdistan. En outre, même sur place on ne pourrait pas trouver de références pour notre recherche.

La métrique de la poésie écrite kurde depuis l'âge classique jusqu'au début du XXème siècle a été empruntée à l'arabe du fait de l'islamisation des Kurdes. On a consacré quelques écrits dans ce domaine et quelques articles sont parus ici et là dans les journaux kurdes. Ceux-ci expliquent plus ou moins la métrique arabe utilisée par les poètes kurdes. Or, la métrique de la poésie populaire kurde est un sujet qui n'a pas été abordé suffisamment par les chercheurs kurdes, sauf M'erûf Xeznedar qui lui a consacré un articlek Il a écrit plus tard un livre intitulé ffêpùqaiïyefe fdfkurdi da1 2 où il rapproche la métrique de la poésie populaire kurde de celle de Mveste dont la métrique est encore à discuter aujourd’hui3.

Il nous a donc paru nécessaire de consacrer une recherche au domaine de la métrique. Nous avons d'abord commencé à expliquer les éléments du système quantitatif grâce à des exemples tirés de la poésie classique kurde. Nous avons également ajouté un appendice qui contient des extraits de poèmes avec la détermination du mètre. Ensuite, nous avons parlé de la métrique syllabique qui a été adopté depuis le début du XXème siècle jusqu'à maintenant. Les poètes dont nous possédons les œuvres et qui ont employé la métrique quantitative et syllabique à la fois ont été classés et distingués.

En ce qui concerne la métrique de la poésie populaire kurde, nous avons essayé de démontrer qu'elle était accentuelle en nous appuyant sur de nombreux poèmes folkloriques, en dialecte kurmaricî, dont la plupart sont chantés. Dans l'appendice 2, nous présentons d'autres exemples de la poésie populaire kurde. D'autre part, nous avons traduit des poèmes dont le contenu nous paraissait donner une idée générale des thèmes de la poésie populaire kurde.

Nous ne nous sommes pas occupés de la poésie populaire en dialecte soranî et dumilî. Toutefois, nous avons citer quelques poèmes folkloriques dans l'appendice -2 sans les commenter.

Quant à la bibliographie, nous nous sommes contentés des références se trouvant à la bibliothèque de l'Institut d'Etudes iraniennes à la Sorbonne Nouvelle ainsi qu'à l'INaLCQ.

1 Me'rûf Xeznedar : "Kurd û islûbî si'rî" (Les Kurdes et la métrique de la poésie), in tfefflÿ, Irak, N° 2, janvier 1958, pp. 6-8.

2 Me'rûf Xeznedar : Æfyû qafiye le f/ïfkurdî da (la métrique et la rime dans la poésie kurde), Bagdad, 1962, 67 p.

3 Cf. Gilbert Lazard : “La métrique de l'Avesta récent", in Acta Iranica 23, volume IX, Diffusion E. J. Brill, Leiden, 1984, pp. 283-300.
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