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La Géostratégie de l'Asie Centrale


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Éditeur : Compte d'auteur Date & Lieu : 1997, Paris
Préface : Pages : 256
Traduction : ISBN :
Langue : FrançaisFormat : 210x297 mm
Code FIKP : Liv. Fr. 3908Thème : Thèses

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La Géostratégie de l'Asie Centrale

La géostratégie de l'Asie centrale : fragmentation, interdépendance, recomposition


«Le changement qu'un spectateur perçoit dans son entourage n'est donc rien d'autre qu'un 'événement' au sens que l'on donne à ce mot dans la littérature historique, comme en témoigne n'importe quel tableau chronologique, bien que le lien entre les événements et la perception y soit le plus souvent occulté. Pour qu'il y ait événement, il est donc nécessaire qu'un changement se produise dans le inonde même, et qu'il soit accessible à une pluralité de spectateurs virtuels, capables de se communiquer réciproquement les résultats de leurs perceptions».

Six ans après l'indépendance des cinq pays d'Asie centrale issus de l'URSS, nous assistons à l'émergence d'un double phénomène : d'une part le fait que «les républiques d'Asie centrale se sont retrouvées, d'un seul coup, face à un grand chantier qui était la création d'un Etat avec ce qu'il englobait à savoir : la création d'une légitimité politique, l'intégration nationale et les mécanismes nécessaires de la mise en place d'une participation politique et d'une justice économique»2. Autrement dit, ces Etats se sont retrouvés face à un ensemble de questions politiques, économiques, sociales, militaires auxquelles les Etats modernes occidentaux ont répondu au fur et à mesure de leur développement historique à travers des décennies, voire des siècles...


PREFACE

Une meilleure formulation du problème est
la première condition pour arriver à un résultat souhaité

Thomas C. Schelling1

Il est indispensable de donner un certain nombre de précisions sur les méthodes de travail. Depuis 1993, un ensemble de travaux a été effectué sur cette question; nous ne somme plus en 1992, où le fait de trouver des papiers récents et sérieux sur la zone relève du domaine de l'impossible. Aujourd'hui un grand nombre d'ouvrages - souvent sous forme du travail collectif-traitent de l'Asie centrale de deux manières :

- ceux traitant de l'ensemble de l'espace de la Communauté des Etats Indépendantes, la CEI, relevant une par une les problématiques de l'après-indépendance dans le cadre de quatre grands sous-ensembles (1- les pays Baltes : Lituanie, Lettonie, Estonie. 2 - la Russie 3 - les Etats occidentaux issus de l'URSS: Ukraine, Biélorussie, Moldavie et 4 - les Etats dits du sud, issus de cet empire; incluant les trois républiques du Caucase : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie et les cinq d'Asie centrale : Kazakhstan, la République Kirghize, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan). Les ouvrages de Bremmer / Taras ou de Dawisha / Parrott en sont des exemples2.

- et ceux qui sont consacrés entièrement à l'Asie centrale en prenant une par une les problématiques comme l'économie, le nationalisme, l'islam, les frontières, . Le livre de Banooazizi illustre bien ces propos.

Etant souvent le fruit des spécialistes anglo-saxons de la région, les livres de cette deuxième catégorie sont souvent, d'une manière générale, identiques en ce sens qu'il leur manque souvent une problématique principale à soulever; ils finissent par se ressembler. Les composants de la seconde catégorie, plus générale, se veulent complets sur l'ensemble de la CEI. Dans leur quête de la généralité, les auteurs - qui sont souvent les mêmes spécialistes de l'Asie centrale - renvoient le lecteur en recherche d'un approfondissement des problématiques aux ouvrages de la première catégorie.

En 1993, une série de dix volumes sous le nom de « Russian Littoral Project », a constitué un des premiers pas vers une étude sérieuse et globale de l'ensemble des questions soulevées par la chute de l'URSS. Des spécialistes occidentaux se sont fait aidés des chercheurs de la CEI, ainsi que des penseurs du monde turc et iranien pour mieux partager la tâche lourde de soulever de nouvelles problématiques.

Dans cette optique je pense que malgré les efforts déployés par les chercheurs en France, jusqu'à présent la question d'une recomposition régionale en Asie centrale, ont été traités soit par des méthodes outre que stratégico - politique, ou alors s'il y a eu un effort extra journalistique dans ce sens, ils ont suivi les méthodes théoriques de 1ère bipolaire.

La présente thèse est le fruit de plus de six ans de travail3 aussi bien théorique que pratique sur le terrain. J'ai pu effectuer plusieurs voyages dans la région et constituer un réseau, non seulement en Asie centrale mais aussi en France, en Russie, en Iran et aux Etats-Unis. Ce papier se veut différent en se sens qu'il ne prétend pas donner de réponses à toutes les questions mais de soulever de nouvelles questions dans tous les domaines relatifs à une recomposition stratégique de cette zone. En effet, «Il faut se garder de penser que la perception des joueurs est la même que celle de l'analyste, ou que tel élément dont ce dernier subit l'influence aura le même effet sur eux»4.

1 Schelling Thomas. C., La stratégie du conflit, Paris Ed : PUF. 1986.

2 Voir la bibliographie à la fin du travail.

3 - 1992-93, dans le cadre du DEA des relations Internationales du Département des Sciences Politiques de la Sorbonne, et depuis dans le cadre de cette thèse de doctorat. Tavassoli Darius La recomposition géostratégique de l'Asie centrale DEA de Sciences Politique de la Sorbonne, Paris, 1993

4 Schelling. Thomas C. Stratégie de conflit Paris Ed: PUF 1986.



Introduction

«  Le changement qu'un spectateur perçoit dans son entourage n'est donc rien d'autre qu'un 'événement' au sens que l'on donne à ce mot dans la littérature historique, comme en témoigne n'importe quel tableau chronologique, bien que le lien entre les événements et la perception y soit le plus souvent occulté. Pour qu'il y ait événement, il est donc nécessaire qu'un changement se produise dans le inonde même, et qu'il soit accessible à une pluralité de spectateurs virtuels, capables de se communiquer réciproquement les résultats de leurs perceptions»1.

Six ans après l'indépendance des cinq pays d'Asie centrale issus de l'URSS, nous assistons à l'émergence d'un double phénomène : d'une part le fait que «les républiques d'Asie centrale se sont retrouvées, d'un seul coup, face à un grand chantier qui était la création d'un Etat avec ce qu'il englobait à savoir : la création d'une légitimité politique, l'intégration nationale et les mécanismes nécessaires de la mise en place d'une participation politique et d'une justice économique »2. Autrement dit, ces Etats se sont retrouvés face à un ensemble de questions politiques, économiques, sociales, militaires auxquelles les Etats modernes occidentaux ont répondu au fur et à mesure de leur développement historique à travers des décennies, voire des siècles. L'appareil complexe de l'Etat, la mise en place des divers organes administratifs et judiciaire, la transition d'une économie planifiée à une économie de marché, l'adoption d'une nouvelle constitution, se mettent en place tout en gérant le déroulement de la vie quotidienne. D'un autre côté, le fait que l'ensemble des pays de la région et les grands Etats occidentaux se sont intéressés à l'indépendance des pays d'Asie centrale et du Caucase et du vide stratégique laissé par l'empire soviétique.

Les analyses contemporaines doivent trouver de nouvelles hypothèses et de nouvelles méthodologies de recherche permettant de mettre en valeur un des tournants majeurs de la dynamique politique en Eurasie. Il s'agit de l'effondrement du système soviétique qui a inauguré ce qui pourrait bien être une période de construction des Etats dont la dimension serait sans précédent au vingtième siècle. Les seuls événements analogues - partielles - que l'on puisse trouver pour un tel événement sont l'effondrement de l'Empire des Habsbourg après la fin de la Première Guerre mondiale et le remplacement de l'Empire Russe par l'Etat Soviétique. Cependant, dans aucun de ces deux cas, le pays qui s'est …

1 Pomian. Krzysztof, L'ordre du temps, Paris, Gallimard, 1984.
2 Menon. Rajan, «In the Shadow of thr Bear» in: international security, été 1995, vol 20, n° 1.



Remerciements

Je tiens à remercier le Ministère des Affaires Etrangères et l'Institut Kurde de Paris qui, en m'octroyant une bourse d'étude, m'ont permis de poursuivre mes recherches.

Par ailleurs je tiens à remercier toutes les personnes qui ont été présentes le long des différentes phases de l'élaboration de ce travail : la recherche documentaire, la rédaction et la correction ; un grand nombre de mes amis s'y reconnaîtra.



A mes parentes qui m'ont donné le courage,
à ma sœur qui m'a donné le «sens de la curiosité,
à mon oncle qui m'a appris l'art du combat de vie.
et à Marie-Claude Zalamanski pour ce qu'elle est.

"Et maintenant promène ton regard sur Samarkande!
N'est-elle pas reine de la terre?
Fière au dessus de toutes les villes
et dans ses mains leurs destinées?"

Edgar Allen Poe
1809-1849

"Notre position géopolitique,
nos communications, nos frontières,
tout ce qui à l'heure actuelle passe par
l'Ouzbékistan vous montre qu'en
pénétrant sur le marché ouzbek,
vous pénétrerez sur tous les marchés de
l'Asie centrale."

Islam Karimov, lors de réunion
avec les entreprises françaises
au siège du CNPF à Paris

 

 




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